Je ne sculpte pas le bois.
La Nature l’a déjà fait, avec infiniment plus de patience que je ne pourrais jamais en avoir.
Le temps, l’eau, le vent, les insectes et les saisons ont façonné ces fragments de vivant bien avant que je ne les rencontre. Une racine tourmentée, une branche creusée, un bois flotté poli par le courant : chacun porte les traces d’une histoire silencieuse écrite au fil des années.

Lorsque je les découvre, je ne cherche pas à les transformer. J’essaie d’abord de les comprendre.
J’observe leurs lignes, leurs blessures, leurs cavités, tout ce que le temps a laissé derrière lui. Ces bois sont souvent fragilisés par leur propre histoire. Mon travail commence alors par un long processus de stabilisation, comme un geste de préservation. Il ne s’agit pas d’effacer les marques du temps, mais de leur permettre de traverser les années à venir sans rien perdre de leur authenticité.

Peu à peu, la matière révèle ce qu’elle a à raconter.
La lumière trouve naturellement sa place dans les creux et les reliefs. Elle glisse sur les fibres, caresse les aspérités, souligne les détails que l’on ne remarque pas au premier regard. Elle ne transforme pas le bois ; elle révèle sa présence.

Autour de lui, la résine, le laiton massif, les tissus d’exception et les matériaux que je sélectionne avec soin deviennent un écrin. Ils ne cherchent jamais à prendre la place de la nature. Ils l’accompagnent, la protègent et la magnifient. Le contraste entre la noblesse de ces matériaux et la beauté imparfaite d’un bois parfois creusé, fissuré ou vermoulu donne naissance à un équilibre inattendu.
J’aime l’idée qu’un fragment abandonné au bord d’un chemin, d’une rivière ou d’une forêt puisse retrouver une place dans nos intérieurs et y devenir source de lumière.

J’aime l’idée qu’un fragment abandonné au bord d’un chemin, d’une rivière ou d’une forêt puisse retrouver une place dans nos intérieurs et y devenir source de lumière.
Chaque création est unique. Elle demande de nombreuses heures de travail, de réflexion, d’observation et de patience. Mais au fond, je n’ai jamais le sentiment de créer quelque chose de toutes pièces.
J’ai simplement la chance d’accompagner ce fragment de nature dans une nouvelle étape de son histoire.


Plus qu’une lampe, chaque pièce est une Présence. Un fragment de nature préservé, révélé par la lumière, et invité à poursuivre son voyage parmi nous.